Au début du IIe siècle avant JC, la cité de Dea Augusta Vocontiorum (Die) compte de nombreux monuments et acquiert un statut de capitale romaine, remplaçant Luc-en-Diois dans cette fonction pour le peuple des Voconces. Le titre de colonie (colonia Dea Augusta Vocontiorum) semble lui être décerné vers la fin du IIe siècle avant JC ou dans le courant du IIIe siècle, comme le montrent des fouilles récentes… La ville devient un centre important du culte de Cybèle attesté par sept inscriptions tauroboliques. Une porte monumentale est érigée sur la route en direction des Alpes.
Alors que l'Empire romain connaissait de graves difficultés entre 285 et 305 avec des révoltes, invasions, instabilité politique..., la cité s'entoure d'un rempart qui protège une surface urbanisée de 25 hectares. La région est en crise et certains quartiers périphériques sont déjà abandonnés. Le rempart de Die occupait une longueur de près de deux kilomètres. Lors de l'édification, des fragments de monuments funéraires ont été réemployés, un arc monumental du IIe siècle a été démonté pierre par pierre et sa voûte intégrée dans l'actuelle porte Saint-Marcel.
L’enceinte est construite le long des pentes de la colline dominant le confluent de la Meyrosse et de la Drôme. Epaisse de quatre mètres, encore haute de près de dix mètres en bien des endroits, entourant une surface d’environ vingt-cinq hectares. Elle entourait la cité en englobant le plateau qui la surplombe.et comme dans bien d’autres cités, elle s'est recroquevillée dans un espace plus petit qu’au temps de la paix romaine durant le Haut-Empire. Cette muraille etait renforcée par une cinquantaine de tours, dont le talon débordait peu vers l’intérieur, mais qui étaient très saillantes à l’extérieur. L'enceinte comprenait environ soixante tours de garde adoptaient des formes diverses : carrées, semi-circulaires, ou même à sept pans, forme unique dans le monde romain.
Les remparts ont été étendus et complétés jusqu'au Moye n Âge et durant les guerres de religion. et servir de source de matériaux. Le rempart est réaménagé au XVIIe siècle par l’ajout de bastions, dont certains vestiges sont encore visibles. A partir de 1820, les murailles ayant perdu leur utilité défensive, de nombreux pans de murs sont démolis pour laisser la place aux habitations et servir de source de matériaux.
On entrait dans la ville par deux portes monumentales : la porte Saint-Pierre, démolie en 1891, à l'ouest, et la porte Saint-Marcel à l'est. Une seule est conservée, la porte Saint Marcel, elle a été nommée ainsi en référence à un évêque du Ve siècle (Marcel de Die) qui a été enterré La Roquette (près de Montmeyan) et lui a laissé son nom. La porte ouvre sur l’amont de la vallée de la Drôme, au-delà du ruisseau de la Meyrosse. Construite en "grand appareil" de grès roux, sa voûte intérieure présente un décor sculpté provenant d’un arc monumental plus ancien. La Porte Saint-Marcel a été enrichie d'évolutions telle que pont levis et mâchicoulis. Elle est fermée par une porte monumentale supportée par deux tours semi-circulaires. La porte Saint-Marcel est l'unique monument romain encore debout dans le département. L'axe reliant les deux portes peut être considéré comme étant le decumanus. Le cardo, s'il a existé, n'est pas localisé à ce jour.
La ville propose une petite balade, les amateurs de vieilles pierres pourront découvrir les remparts de Die. Au départ de l'office du Tourisme, tournez tout de suite à droite sur la terrasse en bois. Vous trouverez un panneau explicatif sur l'histoire des remparts de la ville. Découvrez comment l'architecture militaire romaine réutilisait les dalles de rue à rebord et les colonnes cannelées pour la construction de leur courtine : muraille reliant deux tours.
Malgré de nombreuses transformations, dégradations, ou restaurations, les éléments antiques demeurent encore très reconnaissables. La surface des murs, le parement, présente un assemblage de petits moellons placés horizontalement, dit " petit appareil ", avec par endroit, quelques lits de briques. Là où ils ont disparu, on peut voir l’intérieur de la maçonnerie en galets noyés dans du mortier, mais aussi, ce qui est plus impressionnant, d’énormes blocs taillés récupérés sur des monuments plus anciens devenus inutiles. Ce sont des dalles de rue, dont le tracé a été modifié par la construction de l’enceinte, des éléments d’architecture et avec des inscriptions provenant de monuments détruits, publics ou privés.
Revenez sur vos pas, tournez à gauche dans la rue Camille Buffardel, au carrefour au bout de la rue Camille Buffardel, prenez à droite en direction de l’hôpital. Juste après l’hôpital, au pied du muret, d’énormes blocs romains constituent le soubassement d’une tour antique. Un peu plus haut, on peut voir les restes de la porte de Beaumes du XIVe siècle qui permettait d’accéder au prieuré, bouchée par une tour du XVIe siècle. Juste après la partie restaurée, on découvre à nouveau un entassement de blocs romains et à gauche du chemin une masse de plusieurs tonnes, tombée du rempart. A la cime des remparts, la tour Sainte-Agathe, semi-circulaire, daterait des XIIIe et XIVe siècle. La vue sur le massif de Glandasse, sommet emblématique du Diois, y est saisissante.
Prenez la descente le long du rempart pour arriver à la Porte Saint-Marcel. Construite en même temps que le rempart romain, sa partie tournée vers l'intérieur de la ville est unique au monde : elle englobe la voûte d'un arc monumental du IIe siècle décoré de rosaces, de frises et d'une tête de taureau, qui a été démonté pierre par pierre pour être réinséré dans la fortification du IVe s. Côté place, la porte présente deux tours semi-circulaires, en gros blocs de grès. Au Moyen Âge, on ajoute la partie supérieure en petits moellons réguliers. Prenez ensuite la rue des Jardins en bas de la place à droite, qui correspondait au bas de la zone industrielle. Ce secteur est remarquable par ses grandes portes cochères et son canal d'alimentation en eau. Dans cette rue, juste avant l’Office de Tourisme, on aperçoit en retrait sur la droite une autre tour des remparts.
En vous baladant dans la ville de Die, vous pourrez également admirer la mosaïque romane des quatre fleuves dans la chapelle Saint-Nicolas de l'ancien palais épiscopal qui offre une représentation symbolique de l'univers et a été classée au patrimoine culturel. Quant au musée d'Histoire et d'Archéologie de Die et du Diois, il possède de nombreux vestiges, notamment de la Préhistoire, de l'époque antique et du Moyen Âge, qui révèlent un riche passé historique. Nombreuses découvertes gallo-romaines : statues, bijoux, monnaies, stèles, inscriptions, et trois autels tauroboliques...